« Il y a des vieux jeunes et de jeunes vieux ». Nous avons tous un âge officiel… et un âge réel. Celui que nos cellules racontent. Quelle différence entre l’âge chronologique et l’âge biologique et pourquoi certaines personnes semblent vieillir plus lentement que d’autres. Vieillir, c’est écrire sur la peau et les organes une histoire de fibres et de rythmes. L’âge biologique en est le récit intime, nuancé et personnel.
Le vieillissement se manifeste par une perte progressive de l’intégrité physiologique de l’être qui entraîne l’altération de ses fonctions en le rendant plus vulnérable. Le métabolisme et la thermogenèse diminuent. Les tissus deviennent moins fonctionnels.

La peau s’affine et se relâche, la communication intercellulaire s’altère, les mitochondries s’affaiblissent.
L’espérance de vie s’est considérablement améliorée, mettant de côté la plupart des maladies infectieuses, grâce à l’hygiène, aux antibiotiques et à la vaccination. Cependant les défis de notre temps sont d’un tout nouvel ordre : les dérèglements métaboliques deviennent chroniques : on parle de maladies civilisationnelles. Parmi celles-ci nous avons les maladies digestives (syndrome de l’intestin irritable, SIBO), articulaires (arthrites, arthrose), les maladies cardio-vasculaires (hypertension, AVC), les cancers, les diabètes et les maladies neurodégénératives (Alzheimer, SEP). Et si l’espérance de vie progresse, il en va tout autrement en ce qui concerne l’espérance de vie en bonne santé qui est d’environ 15 années en dessous du premier indicateur. A partir de 55 ans, c’est environ 50% de la population qui souffre d’une maladie chronique. La question essentielle devient aujourd’hui : comment retarder leur apparition ?
Les marqueurs du vieillissement
Il s’agit de 12 marqueurs qui décrivent comment notre corps vieillit au niveau moléculaire. Parmi ceux-ci, l’instabilité génétique, l’attrition télomérique, la perte de protéostasie (régulation des protéines), l’épuisement des cellules souches, la sénescence cellulaire, le dysfonctionnement mitochondrial (perte d’énergie cellulaire), ou l’altération de la communication intercellulaire.

Notre hygiène de vie peut avoir un lien direct avec certains de ces marqueurs. Ainsi l’altération épigénétique peut être ralentie par environnement et une alimentation adaptés. La dérégulation du métabolisme nutritif, l’inflammation chronique ou le dérèglement de notre microbiote (dysbiose intestinale) peuvent être également une conséquence probable de notre manière de nous alimenter.
Si certains d’entre-eux semblent difficile à contrôler, il est aujourd’hui clairement établi qu’une alimentation anti-inflammatoire, le jeûne ou le sport ont un effet nettement positif.
Les causes évitables
Altérité et adaptation sont au cœur du processus de la vie, trouver l’équilibre et faire la chasse aux excès.
Pour mieux vieillir, la naturopathie propose un cadre simple et puissant fondé sur l’équilibre quotidien. Il réunit six vecteurs clés : Calme (notamment la gestion de nos émotions dont le stress pour qu’il ne deviennent pas chronique), Hydratation, Alimentation, Sommeil, Soleil et Activités physiques. Utilisés ensemble et adaptés à chacun, ces piliers soutiennent le terrain, renforcent l’énergie et facilitent l’autonomie tout au long du vieillissement. En privilégiant des choix doux, progressifs et personnalisés et en évitant les extrêmes, vous nourrissez votre vitalité et votre bien-être de façon durable.
Calme : l’équilibre demeure au cœur de la santé. Lorsque j’effectue une tâche ou un exercice physique intense, il est important de compenser en s’octroyant un temps de repos. Lorsque j’utilise mes capacités cérébrales, après un travail intellectuel il est vital de dé-penser : ce peut être par une activité manuelle ou par un temps de méditation, mais aussi dans l’apprentissage de la gestion de mes états de stress pour éviter qu’il ne devienne chronique. avec la détente : Débrancher, se Relaxer, Méditer, Respirer.
Hydratation : elle est au cœur de la vitalité, et son rôle devient encore plus crucial avec l’âge. En naturopathie, l’eau n’est pas seulement une boisson : elle soutient le terrain, les échanges cellulaires et les mécanismes d’adaptation du corps. Avec le vieillissement, la masse d’eau diminue, la sensation de soif s’amenuise et la fonction rénale peut changer, augmentant le risque de déshydratation et d’impacts sur la cognition, le sommeil, la digestion et la mobilité.
Alimentation : avec l’âge, le risque d’inflammation chronique augmente, ce qui peut influencer la vitalité, la mobilité et le bien-être général. Dans une démarche naturopathique, l’alimentation est un levier clé : elle agit sur le terrain, l’immunité et la réactivité du corps. Adopter une nutrition anti-inflammatoire permet de soutenir la santé à long terme en privilégiant des aliments frais, peu transformés et adaptés au rythme de vie. Choisir des aliments de qualité à forte densité nutritionnelle pour répondre aux besoins accrus avec l’âge. Pour autant Privilégier les cuissons douces (vapeur) et les crudités pour préserver les vitamines et phyto-nutriments. Le naturopathe vous guidera pour optimiser les voies métaboliques, éventuellement à l’aide de suppléments ou de compléments (en cas de carence) alimentaires. Il peut aussi vous conseiller et vous accompagner sur le meilleur moyen de modifier en profondeur vos habitudes de vie, voire d’entamer une restriction calorique sans risque de carence ou de sous-alimentation. Enfin, manger en pleine conscience (intégrant la salivation, la mastication, la reconnaissance des ingrédients) renforce le lien corps-esprit et facilite la digestion et l’assimilation des nutriments.
Sommeil : il est au cœur du cycle circadien, l’alternance jour-nuit qui rythme notre vie. Entre activité et repos, il permet au corps de se régénérer et au cerveau de se détoxifier. Le sommeil permet une meilleure réparation des cellules et une régénération des tissus, réduisant l’instabilité génomique. Un sommeil de qualité est associé à une usure plus lente des télomères. Il favorise une meilleur production d’énergie cellulaire en optimisant la fonction mitochondriale. C’est aussi durant cette phase que le système glymphatique, dédié au drainage du cerveau, est particulièrement actif : grâce à la circulation du liquide céphalo-rachidien le long des vaisseaux sanguins, il évacue les déchets accumulés dans l’espace interstitiel.
Soleil : il peut être un allié du grand âge à condition d’en maîtriser l’usage. Une exposition régulière et protégée favorise la synthèse de vitamine D, soutient la densité osseuse, l’immunité et l’énergie, et aide à synchroniser le rythme circadien pour un sommeil plus réparateur. En revanche, une exposition non protégée accélère le photo‑vieillissement cutané et augmente le risque de cancers de la peau et de cataractes; dans une approche naturopathique, on privilégie des périodes de lumière naturelle courtes et régulières, en choisissant la période, la durée et les protections adaptées à chaque saison. Une pratique quotidienne de respiration ou de marche à la lumière du matin renforcent les mécanismes de réparation et de détoxification, contribuant à une vitalité durable au fil des années.
exercice physique : La fonte musculaire est multifactorielle. En fonction de son terrain physiologique et des contraintes musculaires que l’on inflige à son corps, de son état de stress ou de ses habitudes de vie, la synthèse de protéines musculaires va dépendre de deux facteurs majeurs : la contrainte mécanique exercée sur les muscles (dégradation temporaire) et la disponibilité de facteurs clés liés à leur reconstruction (présence d’acides aminés dans l’alimentation). L’entraînement et l’ingestion d’acides aminés ont un effet plus important quand ils sont couplés. L’activité physique est un levier central pour préserver vitalité et autonomie. Une pratique régulière aide à maintenir la masse et la force musculaires (prévenant la sarcopénie), à soutenir la densité osseuse et l’équilibre, et à réduire le risque de chutes. Sur le plan métabolique, l’exercice améliore la sensibilité à l’insuline, la gestion du poids et le profil lipidique, tout en diminuant l’inflammation de bas grade et en réduisant les risques cardiovasculaires. Côté cerveau, il favorise la mémoire, l’humeur et la résilience face au stress grâce à la libération d’endorphines et à la plasticité neuronale. En naturopathie, on privilégie une approche progressive et centrée sur l’individu : combiner activité cardiovasculaire légère à modérée, renforcement musculaire et exercices d’équilibre, tout en intégrant respiration consciente et récupération adaptée. L’objectif est de soutenir l’autonomie, la mobilité et le bien-être au quotidien, en respectant le terrain et les signaux du corps.

Je pourrais ajouter un 7ème élément : les liens sociaux. La nourriture sociale est très liée à la gestion du stress. Les liens sociaux forts le réduisent et diminuent l’inflammation chronique. De plus un soutien social solide aide à ralentir l’accumulation des cellules sénescentes et ont un effet protecteur contre les dommages oxydatifs. Enfin, les interactions sociales stimulent la productions d’hormones bénéfiques, comme l’ocytocine, et favorisent une meilleure communication entre les cellules.
La naturopathie permet d’être proactif, c’est à dire qu’elle permet de prévenir les maladies avant qu’elles ne se déclarent. C’est une pratique holistique personnalisée, préventive, prédictive et participative qui s’intègre dans votre parcours de soins. Au-delà de l’alimentation saine, des exercices réguliers, de la gestion du stress et du sommeil, de la surveillance des marqueurs clés comme la glycémie, les lipides ou l’inflammation, le naturopathe vous permet d’ajuster et d’affiner votre protocole en fonction des résultats.

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